Quatre dangers qui guettent les nouveaux pères

samuel

15 octobre 2018

J’avais suivi mes cours prénataux et fait des lectures. Je m’étais informé auprès de ma famille, de mes amis et du personnel médical. Je connaissais tous les risques à éviter avec un nouveau-né, de la jaunisse à la mort subite du nourrisson, en passant par le syndrome de la tête plate. Je croyais donc être prêt.

Malheureusement, tous ces conseils ne m’avaient pas préparé aux dangers qui guettent non pas les bébés, mais plus directement les nouveaux pères, dans les premières semaines de la vie d’un enfant.

Soucieux de votre bien-être et de votre santé physique et psychologique, messieurs, je vous révèle donc ici quelques-uns de ces dangers potentiels à prévoir. Cela vous évitera, je l’espère, de vous placer dans de fâcheuses situations.
Au risque de me répéter : un papa averti en vaut deux.

1- Les maux de dos

En 1997, alors qu’il était le meilleur joueur de la planète, Mario Lemieux prenait une retraite prématurée du hockey en raison de maux de dos persistants. Longtemps, je m’étais demandé ce qui avait été la cause de ses douleurs lombaires. Depuis la naissance de ma fille, j’ai compris.

Le Magnifique a eu quatre enfants – Lauren, Stephanie, Austin et Alexa – nés respectivement en 1993, 1995, 1996 et 1997. C’est clair : ses quatre bébés lui ont scrappé le dos. Vous ne me croyez pas? Comme par magie, Lemieux a effectué un retour au jeu en 2000…quand ses quatre enfants étaient en âge de marcher. Drôle de hasard, non?

Et s’il a fallu quatre bambins pour venir à bout d’un athlète de la trempe de Mario Lemieux, un seul suffit à détruire le dos du commun des papas. Il vaut donc mieux être prévoyant, chers nouveaux pères!

Pour éviter de vous barrer la colonne à un moment inopportun, je vous suggère de répéter l’exercice suivant pendant la grossesse de maman :

  1. Achetez-vous une poche de patates de dix livres. Découpez le haut de la poche, pour qu’il y ait des patates « jusqu’à rabord ».
  2. Laissez tomber les objets suivants sur le plancher de votre salon : une suce, une télécommande, une doudou et un biberon.
  3. À toute heure du jour ou de la nuit, exercez-vous à ramasser les objets par terre, avec la poche de 10 livres dans les bras, en prenant soin de ne jamais renverser une seule patate.

Les positions peu orthodoxes et les torsions dorsales que vous serez forcés d’accomplir vous prépareront adéquatement à votre future vie de papa. Après tout, vaut mieux se blesser à l’entraînement…qu’avec un enfant dans les bras.

2- Les excès d’enthousiasme après une « bonne nuit »

En cette ère où plusieurs mamans préconisent l’allaitement exclusif pour nourrir leur bébé pendant les premiers mois de sa vie, il est fréquent que des papas ne se lèvent pas la nuit…lorsque leur enfant se réveille. Comme Maxime l’a bien illustré dans ce texte, cela ne fait pas de nous de mauvais pères.

Or, la prudence est quand même de mise pour ne pas froisser votre conjointe qui se sacrifie pour l’équipe et qui, incidemment, voit son temps de sommeil passablement diminuer pendant cette période.

Ainsi, à votre réveil, on vous recommande de ne pas vous exclamer bêtement : « Quelle belle nuit! Elle a fait quoi, un 12 heures? »

N’oubliez jamais qu’il est fort probable que, pris dans votre sommeil profond, vous ayez manqué quelques boires et quelques crises de pleurs, au cours de la nuit. Dans le doute, on vous conseille donc de toujours utiliser des phrases génériques ou la formule interrogative lorsque vous ouvrez les yeux le matin.

Par exemple : « Oh lala! Toute qu’une nuit, hein mon amour? »

3- Les chums de brosse

C’est samedi. Votre meilleur chum de brosse vous texte. « Une p’tite bière ou 12 à soir? » Il sait que vous êtes le père d’un nouveau-né, mais il joue son rôle de vieux chum : vous soumettre à la tentation du vice.

Vous lisez le texto à voix haute à côté de votre blonde. « Laurendeau (nom fictif) veut que j’aille prendre une bière à soir. Ça paraît qu’il n’a pas d’enfant! » À votre grande surprise, votre blonde vous répond : « Vas-y donc! Ça va te faire du bien de te changer les idées un peu! »

Votre cœur se met à palpiter. Vous vous dites : « Criss. J’ai vraiment fait un enfant à la fille la plus géniale de la Terre. » Mais vous vous trompez. C’est une ruse.

Qu’à cela ne tienne, vous prenez une douche et sautez dans un taxi en direction du bar. Sur place, vous croyez revivre vos belles années de jeunesse. Vous enfilez les pintes et les shots de Jägermeister, en oubliant que vous n’avez plus la capacité d’absorption d’un cégépien. Et puis paf! Vous perdez le contrôle de votre soirée.

Vous vous réveillez dans votre lit le lendemain matin – avec votre manteau encore sur le dos et de vagues souvenirs de votre fin de veillée – alors que votre blonde vous tend votre enfant en larmes. « C’est à ton tour, mon amour! », dit-elle sourire en coin.

Sa ruse a fonctionné. Elle vous a donné un pied de corde et, comme un amateur, vous vous êtes pendu avec. Vous vous dites : « Plus jamais. »

4- Les pulsions sexuelles

La période post-accouchement est la seule dans la vie d’un homme où, pendant des semaines, il couchera chaque soir avec la fille de ses rêves…sans pouvoir lui faire l’amour. À première vue, cela n’a rien de si dramatique. Le hic, c’est que cette réalité coïncide exactement avec l’une de ces très rares périodes où un homme n’a pratiquement plus de moments de solitudes, tranquille à la maison, pour…se soulager.

La combinaison de ces deux situations peut affecter lourdement le moral d’un homme. Les sexologues appellent cela « la charge mentale masculine. »

Heureusement, des ingénieurs futés ont trouvé une solution technologique pour atténuer les pulsions sexuelles de papa, le temps que maman récupère de l’accouchement. Ils ont baptisé leur invention un tire-lait électrique.

C’est très efficace, messieurs. Un seul contact visuel avec votre blonde branchée sur ladite trayeuse devrait suffire à faire baisser votre désir et vous permettre de patienter…le temps qu’il faudra à maman pour se réapproprier son corps et retrouver sa libido.

Soyez forts. Tout finira par rentrer dans l’ordre. Ou presque.

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